Vu dans PRATIQUE DES ARTS N° 46 (photos : Fany BARON)

Les accents géométriques de ce petit village se prêtent bien au travail de cubisme réalisé au couteau à la peinture acrylique. Cette peinture à prise rapide est le médium parfait pour entreprendre ce type d'exécution, qui, à la peinture à l'huile mettrait des années à sécher.


 

L'ébauche se fait toujours au fusain, les principales forment sont mises en place, à partir d'une photo ou d'un croquis.
A ce stade, les parties foncées sont déjà inscrites de façon légère par le fusain. La poudre de bois calcinée du fusain se fondra dans la peinture acrylique, sans aucun problème.
  

 Les 1ères couleurs sont posées à l'aide d'un spalter moyen, en commençant par les tons les plus clairs, blanc, bleu, gris...

Les couleurs sont appliquées de manière éparpillée, en se souciant davantage des valeurs colorées que de la forme. Les grands volumes sont traités en premier, puis arrivent les plus petits.
A ce stade, il faut tendre vers la recherche d'un équilibre d'ensemble. Les rectangles forment une partition harmonieuse au fur et à mesure qu'ils apparaissent.
  

 Le couteau se prête bien à un langage de formes géométriques et donc à des compositions qui favorisent les plans et les lignes. Veillez à toujours simplifier les formes au profit des couleurs, attention aux détails qui ont tendance à casser le rythme.
 

Le travail au couteau nécessite une certaine largesse dans l'utilisation de la couleur, soyez généreux !
La couche de peinture doit être épaisse, sa consistance ferme et crémeuse de manière à bien se laisser modeler. L'utilisation de médium en gel permet d'accentuer la consistance de la pâte et de laisser les arêtes encore plus apparentes après séchage.
  

Les couleurs sont appliquées par juxtaposition sans que leur délimitations ne soient nettes et régulières. Cette manière de contourer les formes ajoute au côté abrupte du village.
Le choix des couleurs devient de plus en plus important à ce stade.
 

La gamme des gris s'intensifie peu à peu. Des couleurs froides et dures prennent une place sur la palette : violets, bleus foncés (pas de noir).
Premier jeu de contraste : Tons bleutés (froids) et blancs cassés légèrement orangés (chauds).
Le tableau se construit plan par plan, zone après zone en alternant petit et grand format.
 

Tous les gris sont composés d'au moins quatre couleurs. C'est en les juxtaposant et en les superposant qu'ils vibrent sur la toile.
Les couleurs sont appliquées sans couvrir complètement la couche inférieure. Ces manquements volontaires participent à la vibration de l'ensemble des couleurs.
 

L'ajout d'une pointe de couleur très vive (rouge) crée un contraste coloré, casse la douceur de l'ensemble et apporte du rythme à la composition.